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 Compagnons et fortune [Rhazaad, Mercenaires]

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Ciraxs / Rukainn
Elfe Déchu
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MessageSujet: Compagnons et fortune [Rhazaad, Mercenaires]   Jeu 5 Avr - 0:35

L'amitié n'existe pas. C'est une chimère que les rêveurs ont inventée. L'homme est, sous ses dehors civilisés, un animal solitaire, farouche. L'amitié est son invention la plus hypocrite. Ah, non. Il y a l'amour, aussi.

À quoi servent les amis, sinon à te manipuler, te tromper, te trahir ? À te presser comme un fruit, jusqu'à ce que tu aies craché tout ton jus ? Une fois que tu leur es devenu inutile, ils te jettent, sans aucun scrupule. Ils te renvoient à ta solitude. Ils t'oublient. Ou bien ils deviennent tes ennemis.

Non, il n'y a rien à tirer de l'amitié.

Sauf si c'est toi qui te sers des autres.



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Après avoir quitté Maarl en si bons termes, j'utilisai son or et celui de mon dernier client à des fins pratiques. Nulle armure, nulle épée, nul fléau d'armes. Je n'ai rien de commun avec ces aventuriers qui fondent en meutes excitées sur des créatures sans âme qu'ils appellent "monstres". Sans doute pour se donner bonne conscience. Ou pour justifier leurs croisades stériles.

Mes "monstres" à moi étaient bien différents.

Un fin poignard, voilà qui devait suffire. Il me fallait évidemment le poison pour compléter agréablement cet arsenal réduit. La plus grande partie de l'or fut consacrée à l'achat des alambics et des cornues nécessaires à ma petite cuisine. L'alchimie était alors, dans le magnifique royaume de Vesperae, une science fortement réglementée - et surveillée. La fabrication de potions de vie était strictement prohibée. Il en allait bien sûr de même pour les potions de mort.

Les contrebandiers qui me vendirent le matériel étaient des durs à cuire. Ils étaient rompus à l'art de la tractation avec des individus sans honneur. Les discussions furent houleuses, et il n'était pas question de les doubler. Je n'en avais pas l'intention. De tels contacts étaient précieux. J'ai su moi aussi me rendre indispensable à leurs yeux - et à d'autres parties de leur anatomie. Question d'habitude, je suppose. Je savais qu'il ne m'aurait pas été difficile de me construire rapidement un réseau de relations dans les bas-fonds de Trigorn.

J'eus alors l'idée de vendre mes services en tant que mercenaire. J'avais déjà commis nombre de meurtres dans le passé, je n'allais pas m'arrêter alors que j'avais encore toute la vie devant moi. C'eût été dommage. La profession de mercenaire avait l'avantage de mêler meurtre et prostitution, et j'avais de l'expérience dans ces deux domaines. J'avais l'habitude de m'offrir au plus offrant. Ce choix était donc tout indiqué, et me permettait de vivre tout en poursuivant ma vengeance. Et, qui sait ? Peut-être étais-je appelée à refaire fortune.

J'avais de la chance, une guilde de mercenaires venait juste d'être créée. Elle m'attirait. Déjà par le nom que ce groupe s'était donné : "Mercenaires". Simple, froid et direct. Ils annonçaient la couleur, et elle était noire, noire et rouge. La morale n'était pas de mise - encore un bon point, la morale est l'excuse des chétifs et l'arme des manipulateurs, à commencer par les sbires de notre bon roi Roland. D'ailleurs, les dirigeants de cette guilde nouvellement formée n'étaient-ils pas d'anciens soldats du roi ? Le ciment des Mercenaires était l'aigreur. C'était aussi le mien.

Le premier que je rencontrai était le fondateur, un nommé Silk. Il formait des jeunes recrues, près de Sarosa. Il affichait une jovialité forcée, mais son sourire était faux. Sardonique. Il enseignait ses préceptes à ses disciples, en usant de phrases savamment construites. Il connaissait le pouvoir des mots, et en usait sans vergogne, autant pour tromper que pour écraser ses victimes. Mon petit doigt me disait qu'il n'en avait pas toujours été ainsi. Silk avait tout de la légende déchue, et qui n'avait pas encore digéré d'avoir été évincé. Il m'accueillit, non sans indifférence. Peu après, il disparut de Vesperae, et je ne le revis jamais.

La guilde avait deux autres dirigeants : un ancien royaliste, qu'on appelait "Tueur de Mages", et que je ne rencontrai jamais. Lui aussi disparut peu après. On racontait qu'il avait été égorgé par des coupe-jarrets dans une ruelle de Trigorn, mais d'autres disaient qu'il avait quitté le royaume, tout simplement, et qu'il reviendrait peut-être.

Enfin, Kiloras était une énigme. On ne le voyait que rarement. C'était un homme d'une maigreur épouvantable. Au regard froid. Le genre de gars dont tout le monde se méfie. Y compris lui-même.

Les Mercenaires n'étaient pas nombreux, et je fis rapidement le tour de mes compagnons de fortune. J'évitai de faire connaissance : j'étais là pour gagner de l'or, faire monter les enchères, et assassiner mes cibles. Pas pour me faire des amis.

Bibouche ne semblait pas l'avoir compris. Curieux mercenaire, celui-là. Poli, courtois, jovial, et certainement obsédé par les femmes. Il se disait poète, mais passait plus de temps au pub qu'à composer des vers. Sans doute était-il en panne d'inspiration. Une de ces horreurs qu'on appelle tiny était accrochée à ses basques.

Au début, je n'avais guère de contact avec tout ce beau monde. Il y en avait d'autres, que j'avais à peine croisé. Un vieux mage du nom d'Axtyrix, un fou furieux du nom de Whaou. Un individu qu'on ne voyait jamais qu'à travers ses écrits qu'il signait d'un mystérieux et quelque peu pompeux "Encre". Un certain Sladone, qui ne disait rien, mais qui, je le soupçonnais, était là pour les mêmes raisons que Silk. D'autres, que je ne vis jamais, complétaient la liste.

En définitive, il n'y avait guère que deux membres avec qui j'avais échangé quelques mots - du moins lors de mes premiers jours.

Guildamesh (Guildo pour les intimes), un mâle ténébreux. Son arrogance et son apparente maîtrise de soi ne suffisaient pas à cacher les zones d'ombre de son passé. Il quitta la guilde peu après mon arrivée, incapable, comme tout membre de la gent masculine, à se dresser contre ses pulsions. Il les associait même à des "messages" provenant tout droit de Demonio. Aberrant comme l'imagination est vivace lorsqu'il s'agit de trouver une excuse à ses propres vices.

Et Gune, à ma connaissance la seule autre femme du groupe. Secrète et renfermée. Elle aussi aimait écrire à ses heures perdues. Sans doute pour mettre de l'ordre dans ses pensées, ou bien pour embrouiller celles de ses lecteurs.


Voilà à quoi ressemblait la joyeuse bande des Mercenaires, du moins à ses débuts. Mais tout cela allait bientôt changer.
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