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 Les messagers. [Pepino]

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Ciraxs / Rukainn
Elfe Déchu
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Date d'inscription : 21/01/2007

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Caractère: Taciturnes / Froid, provocateur
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MessageSujet: Les messagers. [Pepino]   Jeu 5 Avr - 0:32

(la première partie est parue il y a quelques semaines. Pour la zapper, cliquez ICI)


Un spectacle sanglant...


La brume s'était levée. La nuit tirait à sa fin. Une patrouille de deux miliciens faisait sa ronde comme d'habitude. Les rues de Trigorn étaient calmes. Trop calmes...

Où sont les chats? D'habitude ils viennent mendier de la nourriture quand on passe...

Je ne sais pas, ils ne me manquent pas, répondit son collègue un peu taciturne.

Moui...

Ils contournèrent une maison et stoppèrent net. A vingt pas, ils virent un rassemblement de chats qui semblaient s'intéresser à une carcasse informe. Sur leur garde, les miliciens s'approchèrent en silence, s'étant jetés un regard entendu: un démon avait sûrement pris un repas... humain.

Arrivés près des restes du corps, ils chassèrent les chats qui miaulèrent qui de dépit qui de rage. Les plus enhardis hérissèrent leurs poils et arrondirent leur dos et se mirent à souffler bruyamment.

Sssshhhhhhiiii Shhhhiiiiii...

Un coup de pied bien placé calma le plus vindicatif. Les autres décampèrent sans demander leur reste. Aucun repas ne valait de risquer une vie à le défendre.

Pendant que son collègue montait la garde, le milicien inspecta les restes du corps. Il trouva éparpillés les deux jambes et un bras, rongés jusqu'à l'os. Les tripes s'étalaient sur les pavés et la torse était ouvert. Des côtes manquaient. Le corps était rigide. La mort datait de quelques heures et le froid avait accéléré le durcissement des chairs. Du moins, celles qui restaient.

Alors, dit le milicien en garde sur le qui-vive, qui est-ce? Tu as pu l'identifier? C'est un gars de Trigorn?

L'autre ne répondit pas. Il ramassa un insigne et blêmit. Il ne put prononcer un mot et tendit l'insigne à son collègue. Celui-ci le déchiffra et blêmit à son tour. Il se pencha pour inspecter le visage et le corps. Il cherchait à confirmer l'identité présumée de la victime. La taille, la corpulence, la couleur des cheveux,... tout semblait correspondre...

Il souffla à son collègue: Il faut avertir le Palais.
Il acquiesça: Et lui? On fait quoi de ses restes? On ne va pas laisser les chats se repaître de son cadavre?
Non, mais il ne reste plus grand chose... L'homme écoeuré eut un haut-le-coeur. Il s'écarta pour ne pas souiller le lieu du crime.
Je vais chercher de l'aide. Il faut nettoyer ca avant l'aube.
Moui moui vas-y, émit le milicien en accompagnant d'un geste pour signifier qu'il avait compris et monterait la garde. Il se redressa, se frotta la bouche en grimaçant et but une rasade à la petite gourde accrochée à sa ceinture.

Le temps passa lentement. Le bruit d'abord sourd du martèlement des pas des miliciens sur les pavés se fit entendre.

'Enfin...' songea le garde.

Les bruits de pas se rapprochèrent et se firent plus métalliques. Les collègues ne tardèrent pas à contourner le coin de l'auberge. Ils s'affairèrent sans un mot après un bref salut. Aucun n'était d'humeur badine.

Le milicien resté en faction et son collègue prirent congé. Les restes du corps seraient déposés dans un cercueil sommaire en bois de pin, afin de pouvoir être remis à la famille. Les deux hommes se mirent en route pour le palais.




Les messagers


La nuit avait été froide. Même les loups étaient restés silencieux, tapis dans leurs tanières. Des bancs de brumes stagnaient encore dans les combes les plus profondes lorsque les deux miliciens arrivèrent en vue du Palais royal. Le soleil blafard dardaient de ses faibles rayons les tours qui s'étiraient vers le ciel majestueusement. Elles promettaient un peu de repos et de sécurité au voyageur.

Deux gardes étaient en faction devant les portes du Palais Royal. Ils s'étonnèrent de voir arriver deux miliciens de Trigorn. Ils se méfièrent d'une arrivée si matinale et incongrue: il aurait fallu partir de nuit pour arriver si tôt de Trigorn.

Halte!! Qui va là?
Nous sommes de Trigorn et apportons des nouvelles pour le Conseiller Zoy.

Les mines livides et fatiguées exprimèrent plus que les mots. Les gardes comprirent en un clin d'oeil. Encore de mauvaises nouvelles. Un des gardes s'empressa d'aller chercher le général Bardock. L'autre les invita à patienter. Il était tôt. Le portail et le grand hall d'entrée n'étaient pas encore forts animés. Un pas métallique et massif résonna dans un couloir. Une armure d'une taille imposante s'approcha. Les miliciens se tinrent droits et dans leur dos le garde salua. Le général releva son heaume.

Bonjour Messieurs. Bienvenue au Palais. Je suis le général Bardock.
Les deux miliciens saluèrent.
Salutations, Messire Bardock, lancèrent-ils en choeur.
Ne perdons pas de temps en politesses. Vous apportez des nouvelles de Trigorn?
Oui, Général.
La ville est-elle attaquée?
Non, Général.
Pourtant si vous êtes ici, ce n'est pas pour m'annoncer la mort d'un chat vagabond.
Les miliciens acquiescèrent et blêmirent.
Alors? De quoi s'agit-il?
Nous aimerions informer directement le Conseiller Zoy.
Le général haussa un sourcil soupçonneux mais ne discuta pas.
Bien... Je vais vous mener à son bureau. Il vous faudra peut-être patienter le temps qu'il arrive. Peut-être préfèrez-vous d'abord vous reposer et vous restaurer un peu?

Les deux miliciens se regardèrent. La proposition était alléchante après cette marche nocturne mais le coeur n'y était pas.

Si c'est possible nous préférons d'abord informer le Conseiller. Nous mangerons de meilleur appétit une fois notre tâche accomplie. Nous repartirons dès cet après-midi car les effectifs de la ville sont réduits et notre présence est indispensable à Trigorn.

Je comprends. Dans ce cas vous pourrez vous rendre aux cuisines pour déjeuner. Je préviendrai les cuisiniers de votre passage.

Merci Général.

Le général Bardock conduisit les deux miliciens à travers les couloirs du palais. Ils croisèrent quelques gardes qui saluèrent le Général à leur passage. Le Général s'immobilisa soudain devant une porte massive et frappa deux coups sonores. Les miliciens manquèrent le bousculer. Une voix sourde répondit: Entrez!

Le général ouvrit la porte et introduisit les deux hommes. Le Conseiller les dévisagea et fronça les sourcils. Entrez messieurs.

Les miliciens s'avançèrent devant le bureau. Le conseiller était plongé dans l'étude d'un rapport. Lorsqu'il releva la tête, il fut surpris de les voir debouts et penauds devant son bureau. Asseyez-vous. Dites-moi qui vous êtes et parlez. Quelles sont ces nouvelles si importantes?

Les deux miliciens ôtèrent leur casque et s'assirent sur un coin de chaise aussi bien que leur armure le leur permit. Ni l'un ni l'autre n'ouvrit la bouche.

Alors? s'impatienta le Conseiller.

Cette nuit nous étions de patrouille à Trigorn, commença un milicien. La brume s'estompait et...

L'autre enchaîna, sentant poindre l'irritation du Conseiller.

... un homme a été agressé. Nous avons retrouvé son cadavre en lambeaux...

Ce n'est pas nouveau. Vous n'avez pas fait tout ce chemin pour...

Le conseiller suspendit sa phrase et pâlit. Il venait de réaliser que l'individu ne pouvait que le concerner.

Qui? parvint-il à souffler dans un râle.

Le milicien tenta d'esquiver une réponse trop directe.

... ce n'était pas beau à voir. Ce doit être un démon affâmé qui a fait le coup...

Qui était-ce? intima le conseiller en faisant crisser ses ongles sur le parchemin devant lui.

Nous l'avons reconnu formellement... Son visage... Malgré son état...

L'autre milicien sortit un objet d'une bourse de cuir et le tendit au conseiller. Il ajouta: Nous avons aussi trouvé ceci sur le cadavre...

Le conseiller s'empara de l'objet. C'était un insigne de l'armée. Un soldat était donc mort. Il déchiffra le nom. Le teint du Conseiller devint cadavérique.

C'en était trop... 'Les démons ne pouvaient-ils donc pas emporter quelqu'un d'autre? Pourquoi lui? Pourquoi cet homme que j'ai accepté comme un fils? Pourquoi?'

Le Conseiller inspira longuement. Il manqua défaillir en songeant qu'il faudrait l'annoncer à sa famille aussi. 'Comment pourrai-je... ?' Ses lèvres bleuirent et tremblèrent. Les miliciens devinrent inquiets et nerveux. Ils ne voulaient pas que le conseiller fasse un malaise. Le conseiller fit signe aux hommes de le laisser. Avant qu'ils ne quittent son bureau, il eut un sursaut, se leva et leur ordonna.

Laissez vos indentités au Général Bardock. Je veux un rapport avec un récit complet!

Bien Monseigneur hasarda un milicien.
L'autre hocha la tête, affecté par la douleur du conseiller.

Les deux hommes quittèrent le bureau et se rendirent vers les cuisines pour se restaurer un peu. Le conseiller se laissa retomber sur son fauteuil et enfuit son visage dans ses deux mains. Lorsqu'il releva la tête, ses yeux étaient rougis et ses paumes humides. Un filet de morve -ou était-ce de bave?- restait accroché à son menton. Son regard se durcit et ses lèvres se pincèrent.

Il faut que je l'avertisse moi-même! Je dois aller à Trigorn! dit-il pour se conforter dans cette idée.

Le conseiller se leva, se débarbouilla rapidement et ordonna à un soldat de préparer trois chevaux. Il ordonna ensuite à un autre soldat de prévenir les deux messagers de Trigorn: il les accompagnerait à Trigorn.
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